Un chauffeur VTC assujetti à la TVA récupère **20 % de TVA sur ses péages**, à condition de détenir une facture à son nom (le télébadge professionnel l'édite automatiquement). Sur le carburant, la déduction est plafonnée à **80 % pour le gazole et l'essence** (véhicule de tourisme), et **100 % pour l'électricité**. Côté client, un péage refacturé est presque toujours un **frais inclus dans la base TVA au taux du transport (10 %)**, et non un débours. En **franchise en base**, le chauffeur ne facture aucune TVA et n'en récupère aucune.
Les péages, le carburant et les frais d’autoroute représentent une part lourde du compte d’exploitation d’un chauffeur VTC. Bien gérée, la TVA sur ces postes améliore votre marge ; mal gérée, elle vous fait perdre de l’argent à chaque course ou, pire, vous expose à un redressement. Voici comment vous y retrouver, que vous soyez assujetti à la TVA ou en franchise en base.
Récupérer la TVA sur les péages
Les frais de péage sont soumis au taux normal de TVA de 20 %. Si vous êtes assujetti à la TVA, vous pouvez en récupérer l’intégralité, dès lors que le véhicule est utilisé pour votre activité professionnelle de transport.
La condition essentielle tient au justificatif. Le ticket de péage retiré à la barrière ne suffit pas : il ne comporte ni votre raison sociale, ni votre numéro de SIREN, ni le détail de la TVA. L’administration fiscale exige une facture nominative mentionnant clairement l’identité de votre entreprise, son SIREN, la date, le montant hors taxe, le taux et le montant de la TVA.
C’est tout l’intérêt d’un télébadge professionnel (Ulys Pro, Fulli Pro et équivalents). Souscrit au nom de votre entreprise, il génère chaque mois une facture détaillée, conforme aux exigences de déduction. Vous récupérez ainsi la TVA sur l’ensemble de vos passages, sans collecter des dizaines de petits tickets non conformes. La facture mensuelle a en outre une valeur probante supérieure en cas de contrôle.
Concrètement : ouvrez un compte de télépéage au nom de votre structure, conservez les factures mensuelles, et reportez la TVA déductible sur vos déclarations.
La TVA sur le carburant : attention au plafond
Le carburant est soumis à la TVA à 20 %, mais la déduction n’est pas toujours intégrale. Elle dépend du type de véhicule et de l’énergie utilisée.
La quasi-totalité des chauffeurs VTC roulent en véhicule de tourisme (catégorie VP). Pour cette catégorie, depuis l’alignement entré en vigueur en 2022, le gazole et l’essence suivent désormais la même règle :
- Gazole : TVA déductible à 80 % ;
- Essence (sans plomb) : TVA déductible à 80 % ;
- Électricité utilisée comme carburant : déductible à 100 % ;
- GPL et GNV : déductibles à 100 %.
Un point souvent mal compris mérite d’être clarifié. Les taxis bénéficient d’une dérogation historique qui leur permet de récupérer 100 % de la TVA sur le gazole. Cette faveur ne s’étend pas aux VTC : votre véhicule de tourisme reste plafonné à 80 % sur le gazole comme sur l’essence. Ne vous fiez donc pas aux articles qui mélangent les deux statuts.
En revanche, si vous roulez en électrique, vous récupérez l’intégralité de la TVA sur la recharge, ce qui constitue un argument fiscal de plus en faveur des motorisations propres. La TVA déductible se calcule toujours à partir d’une facture nominative (carte carburant professionnelle, borne de recharge avec facture, etc.).
Refacturer un péage au client : débours ou frais ?
C’est la question qui revient le plus souvent. Vous avancez 12 € d’autoroute pour conduire un client de Paris à Reims : comment lui répercuter ce montant ? Deux régimes existent, et la confusion entre les deux est une erreur fréquente.
Le débours, un cas très encadré
Un débours est une somme avancée au nom et pour le compte du client, remboursée à l’euro près, sur présentation d’un justificatif établi au nom du client. Un débours est exclu de votre base de TVA : vous le récupérez sans le taxer.
Mais les conditions sont strictes. Il faut un mandat explicite vous autorisant à engager la dépense au nom du client, et un justificatif libellé à son nom. Or, sur un péage d’autoroute, la facture de télébadge est établie à votre nom, pas à celui du passager. Dans la pratique d’un VTC, le péage ne remplit donc presque jamais les critères du débours.
Le frais refacturé, la règle générale
Dès lors que vous engagez le péage pour votre propre compte (vous restez responsable du trajet et du véhicule), il s’agit d’une charge d’exploitation refacturée. La doctrine fiscale est claire : tous les frais qu’un opérateur expose et dont il réclame le remboursement à son client, en plus de sa rémunération, entrent dans sa base d’imposition à la TVA.
Conséquence directe : le péage refacturé suit le taux de votre prestation principale. Pour une course de transport de personnes, c’est le taux réduit de 10 %. Pour une mise à disposition facturée à l’heure assimilable à une location de véhicule avec chauffeur, c’est le taux normal de 20 %.
Autrement dit, vous ne refacturez pas le péage « à 20 % » au prétexte que vous l’avez payé à 20 %. Vous l’intégrez à votre prestation et il prend le taux de cette prestation. Vous, de votre côté, avez déjà récupéré la TVA d’amont (20 %) sur la facture de télébadge. Le mécanisme est neutre pour vous et conforme pour le client.
En clair : ajoutez le péage comme un frais additionnel sur votre bon de commande, puis sur votre facture, au même taux de TVA que la course. Il n’y a aucune raison fiscale d’isoler le péage hors de la base.
Refacturez vos frais sans vous tromper de taux. Avec DrivePal, ajoutez un péage, un parking ou une attente comme frais additionnel sur votre bon : le taux de TVA s’aligne automatiquement sur la prestation et la mention apparaît proprement sur la facture. Gérer ses frais sur un bon de commande VTC.
Le cas du chauffeur en franchise en base
Beaucoup de chauffeurs VTC en micro-entreprise relèvent de la franchise en base de TVA. Pour 2026, le seuil de franchise pour les prestations de services est de 37 500 € de chiffre d’affaires (avec un seuil majoré de 41 250 €), un plafond bien plus bas que celui du régime micro lui-même.
En franchise en base, deux conséquences se cumulent :
- Vous ne facturez aucune TVA à vos clients. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
- Vous ne récupérez aucune TVA sur vos achats : ni sur les péages, ni sur le carburant, ni sur quoi que ce soit d’autre.
Pour un péage de 12 €, vous payez 12 € TTC et vous le supportez intégralement : impossible d’en récupérer les 2 € de TVA. Idem pour le carburant. Quand vous refacturez le péage au client, vous l’ajoutez simplement à votre prix, sans TVA, puisque toute votre activité y échappe.
Ce point a un impact réel sur votre rentabilité quand votre activité consomme beaucoup d’autoroute. Au moment de comparer franchise en base et assujettissement, intégrez la TVA non récupérée sur péages et carburant dans votre calcul : sur de gros volumes de longue distance, l’option pour la TVA peut devenir avantageuse. Pour creuser le sujet, consultez notre guide sur le statut juridique du VTC et notre dossier auto-entrepreneur VTC.
Rappel des taux de TVA en VTC
Pour éviter toute erreur sur vos documents :
- Transport de personnes (course d’un point A à un point B) : 10 % ;
- Mise à disposition facturée à l’heure, assimilable à une location de véhicule avec chauffeur : 20 % ;
- Péage ou frais refacturé : suit le taux de la prestation à laquelle il se rattache (10 % pour une course, 20 % pour une mise à disposition) ;
- TVA récupérée en amont sur péages et carburant : 20 % (déductible intégralement pour les péages, à 80 % pour le carburant en véhicule de tourisme).
Ces taux doivent figurer correctement sur vos factures, qui restent soumises à des mentions obligatoires précises. À l’approche de la généralisation de la facturation électronique, soigner ces données n’est plus optionnel : une facture Factur-X conforme reprend automatiquement les bons taux et les frais refacturés.
En pratique
Trois réflexes suffisent à sécuriser votre TVA sur la route :
- Équipez-vous d’un télébadge professionnel au nom de votre entreprise pour récupérer la TVA sur 100 % de vos péages avec des factures conformes.
- Utilisez une carte carburant professionnelle ou des factures nominatives pour déduire votre carburant (80 % en véhicule de tourisme, 100 % en électrique).
- Refacturez vos péages comme un frais additionnel au taux de la course (10 % le plus souvent), jamais comme un débours, sauf mandat et justificatif au nom du client.
Une fois ces principes posés, l’essentiel se joue dans la rigueur de vos documents. Centraliser bons de commande, frais et factures dans un outil de gestion dédié aux VTC vous évite les oublis de refacturation et les erreurs de taux, qui sont autant d’euros perdus à chaque trajet.
Sources
- BOFiP : TVA, exclusions du droit à déduction, véhicules de transport de personnes (BOI-TVA-DED-30-30-20)
- BOFiP : TVA, éléments exclus de la base d’imposition (débours) (BOI-TVA-BASE-10-10-30)
- BOFiP : TVA, frais divers inclus dans la base d’imposition (BOI-TVA-BASE-10-10-10)
- BOFiP : TVA, taux réduit, transports de voyageurs (BOI-TVA-LIQ-30-20-60)
- Service-public.fr : franchise en base de TVA
- Impots.gouv.fr : la franchise en base de TVA