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Auto-entrepreneur VTC 2026 : charges, plafond, revenus

Cotisations à 21,2 %, abattement de 50 %, plafond relevé à 83 600 € en 2026 : ce qu'un chauffeur VTC en micro-entreprise paie vraiment, chiffres à l'appui.

L'essentiel

En micro-entreprise, un chauffeur VTC relève des prestations de services BIC. Vous payez 21,2 % de cotisations sociales sur votre chiffre d'affaires brut, pas sur votre bénéfice. Le plafond de CA est passé à 83 600 € pour 2026 (revalorisation triennale). Et attention : vos frais de carburant, d'assurance et de véhicule ne sont pas déductibles dans ce régime.

La plupart des chauffeurs VTC qui démarrent en solo passent par la micro-entreprise. C’est rapide à créer, il n’y a pas de comptable obligatoire, et tant que vous ne roulez pas, vous ne payez rien. Mais c’est aussi un régime qui réserve des surprises à ceux qui n’ont pas regardé les chiffres de près, surtout sur la façon dont les charges sont calculées. Voici ce qui s’applique réellement en 2026, vérifié sur les sites officiels.

Avant de rouler : la carte pro et le registre VTC

Deux formalités sont obligatoires et indépendantes l’une de l’autre.

D’abord la carte professionnelle VTC, délivrée après l’examen et un casier judiciaire compatible. Sans elle, vous n’avez tout simplement pas le droit de transporter des clients contre rémunération.

Ensuite l’inscription au registre des exploitants de VTC, le REVTC, géré par le ministère chargé des Transports. C’est cette inscription qui vous donne un numéro à faire figurer sur vos justificatifs de réservation. Si vous voyez circuler le nom « ITaxis » ou d’anciennes appellations, oubliez : la démarche actuelle se fait via le registre REVTC, et le coût d’inscription est de 170 €. Rouler sans cette inscription, c’est de l’exercice illégal de l’activité, la sanction prévue va jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

À noter : Depuis le 29 octobre 2025, le justificatif de réservation doit mentionner votre numéro d’inscription au REVTC (et non plus l’ancien numéro Atout France), ainsi que votre numéro SIREN. Si vos modèles de bons de réservation datent d’avant, mettez-les à jour.

L’immatriculation de la micro-entreprise elle-même se fait sur le guichet unique des formalités (formalites.entreprises.gouv.fr), avec un code d’activité de transport de voyageurs. Vous recevez votre SIRET sous quelques jours, c’est lui que vous communiquez aux plateformes.

Les cotisations sociales : 21,2 % du brut

C’est le point le plus mal compris. En micro-entreprise, le transport de personnes relève des prestations de services commerciales (BIC), et le taux de cotisations sociales correspondant est de 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé.

Le mot important, c’est « encaissé ». Vous cotisez sur ce que vous facturez, pas sur ce qu’il vous reste après avoir payé l’essence et la voiture. C’est toute la logique, et toute la limite, du régime micro.

Concrètement, si vous encaissez 3 000 € de courses dans le mois :

ÉlémentMontant
Chiffre d’affaires encaissé3 000 €
Cotisations sociales (21,2 %)636 €
Reste avant impôt et frais2 364 €

Ces cotisations se déclarent et se paient en ligne sur l’URSSAF, au mois ou au trimestre selon votre choix. Si vous ne faites aucune course un mois donné, vous déclarez zéro et vous ne payez rien.

L’impôt sur le revenu : deux façons de procéder

Sur le plan fiscal, vous avez deux régimes possibles.

Par défaut, c’est le régime micro-fiscal classique. L’administration applique un abattement forfaitaire de 50 % sur votre chiffre d’affaires pour calculer votre bénéfice imposable, puis ce bénéfice s’ajoute à vos autres revenus et passe au barème progressif. Ces 50 % sont censés représenter vos frais professionnels de façon forfaitaire.

Faites bien la distinction : on lit souvent 71 % d’abattement, mais ce taux concerne la vente de marchandises, pas une activité de service comme le VTC. Pour vous, c’est 50 %. Reprenez l’exemple : sur 36 000 € de CA annuel, le fisc retient 18 000 € de bénéfice imposable, quels que soient vos frais réels.

L’autre option est le versement libératoire de l’impôt, accessible sous condition de revenu fiscal de référence. Vous payez alors 1,7 % du chiffre d’affaires à chaque déclaration URSSAF, en plus des cotisations sociales, et c’est réglé. Simple et lissé sur l’année, mais inutile, voire défavorable, si votre foyer n’est de toute façon pas imposable. À comparer selon votre situation familiale avant de cocher la case.

La TVA : franchise, puis 10 %

Tant que vous restez sous le seuil de franchise en base de TVA, vous ne facturez pas de TVA et vous n’en déclarez pas. Pour une activité de prestations de services, ce seuil est de 37 500 € de CA de l’année précédente (avec une tolérance jusqu’à 41 250 € l’année en cours).

Vous avez peut-être entendu parler du seuil unique à 25 000 € qui devait s’appliquer à tout le monde. La mesure, votée dans la loi de finances pour 2025, a été suspendue après la mobilisation des indépendants, puis abandonnée par la loi du 3 novembre 2025. À mi-2026, ce sont donc les seuils habituels qui s’appliquent, celui de 25 000 € n’est plus d’actualité.

Une fois la franchise dépassée, vous devenez redevable de la TVA. Le transport de voyageurs bénéficie du taux réduit de 10 %, que vous facturez alors à vos clients et reversez à l’État (en récupérant en contrepartie la TVA sur vos achats professionnels).

Le plafond de chiffre d’affaires : relevé en 2026

La micro-entreprise reste plafonnée. Pour les prestations de services, le plafond de CA annuel est de 83 600 € pour 2026. Il a été relevé cette année dans le cadre de la revalorisation triennale, vous trouverez encore beaucoup d’articles qui citent 77 700 €, c’était le chiffre en vigueur de 2023 à 2025.

Si vous dépassez ce plafond deux années de suite, vous basculez vers un régime réel. Un chauffeur à temps plein qui tourne bien n’est pas si loin de cette limite : mieux vaut anticiper le changement de statut que le subir dans l’urgence.

Ce que le régime micro ne montre pas : vos frais réels

Le piège est connu mais il vaut le détour. Comme vous cotisez sur le brut, vos frais ne sont jamais déduits de votre base de calcul. Or dans le VTC, ils pèsent lourd :

  • Carburant ou recharge : très variable, mais souvent 300 à 600 € par mois selon le kilométrage.
  • Assurance VTC professionnelle : obligatoire et distincte d’une assurance auto classique, comptez plusieurs centaines d’euros par mois.
  • Entretien, pneus, réparations : à provisionner même les mois où rien ne casse.
  • Véhicule : crédit, leasing ou amortissement, c’est généralement le poste le plus lourd.
  • Commission des plateformes : prélevée directement sur chaque course, elle ampute votre CA réel avant même que vous ne touchiez quoi que ce soit.

Conséquence : entre le CA brut affiché par l’application et ce qui reste sur votre compte en fin de mois, l’écart est large. C’est précisément pour ça que la SASU ou l’EURL deviennent intéressantes quand l’activité grossit : elles permettent de déduire ces frais du résultat imposable. Tant que vous démarrez et que vos volumes sont modestes, la micro reste généralement le bon choix par sa simplicité.

Un exemple sur l’année

Prenons un chauffeur à temps plein qui encaisse 36 000 € sur l’année, sous le seuil de franchise de TVA.

  • Cotisations sociales : 36 000 × 21,2 % = 7 632 €.
  • Reste avant impôt : 28 368 €.
  • Bénéfice retenu par le fisc (abattement 50 %) : 18 000 €, ajouté aux autres revenus du foyer pour le barème.
  • À déduire encore, hors régime micro : carburant, assurance, véhicule, commissions, soit, selon les cas, plusieurs centaines d’euros par mois qui ne se voient nulle part dans le calcul officiel.

C’est ce dernier point qui sépare un revenu net réaliste d’un chiffre d’affaires flatteur. Suivez vos frais à part, course après course.

Garder ses comptes à jour sans y passer ses soirées

Une fois lancé, le quotidien administratif tient surtout dans la rigueur : émettre les bons de réservation conformes, facturer proprement, retrouver un justificatif quand un client le réclame, et savoir où vous en êtes de votre CA par rapport aux seuils. DrivePal a été pensé pour ça : créer un bon de réservation et une facture en règle depuis le téléphone, conserver l’historique, et suivre vos montants au fil des courses. L’objectif n’est pas de remplacer un comptable le jour où vous changez de statut, mais de vous faire gagner les heures que beaucoup perdent dans des tableurs.

Sources

Mis à jour en mai 2026. Les seuils et taux peuvent évoluer, vérifiez sur urssaf.fr et impots.gouv.fr.