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Facturer ses courses Uber, Bolt et Heetch en VTC

Comment facturer ses courses en VTC quand on roule pour Uber, Bolt et Heetch et en direct : auto-facturation, commission, TVA, URSSAF et courses privées.

L'essentiel

Pour vos courses passées via Uber, Bolt ou Heetch, ce sont les plateformes qui éditent la facture à votre place via un mandat de facturation : vous n'avez rien à émettre. En revanche, vous déclarez à l'URSSAF votre chiffre d'affaires brut (avant commission, soit environ 25 % chez Uber). Pour vos courses en direct, hors plateforme, c'est à vous d'établir le bon de réservation et la facture conformes. Côté charges, comptez 21,2 % de cotisations sociales en micro et la TVA à 10 % une fois assujetti.

Deux mondes de facturation pour un même chauffeur

Quand vous démarrez en VTC, vous découvrez vite que votre activité se joue sur deux terrains très différents. D’un côté, les courses récupérées via les applications (Uber, Bolt, Heetch). De l’autre, vos clients en direct : un hôtel qui vous appelle, un voyageur d’affaires fidèle, une réservation pour un aéroport négociée de la main à la main.

Sur le plan administratif, ces deux mondes n’obéissent pas aux mêmes règles. Sur les plateformes, vous êtes en grande partie déchargé de la facturation. En direct, vous devez tout produire vous-même, dans les règles. Mal comprendre cette distinction, c’est risquer de mal déclarer son chiffre d’affaires ou d’oublier des documents obligatoires. Faisons le tri.

Les plateformes facturent à votre place : le mandat de facturation

Ce que signifie l’auto-facturation

Uber, Bolt et Heetch fonctionnent toutes sur le principe du mandat de facturation, aussi appelé auto-facturation. Concrètement, vous signez (souvent sans vous en rendre compte, dans les conditions générales) un mandat qui autorise la plateforme à émettre les factures à votre nom et pour votre compte.

Résultat : pour chaque course réalisée via l’application, c’est la plateforme qui génère le justificatif. Vous n’avez aucune facture à produire pour ces courses. Vous retrouvez l’ensemble de votre activité dans un relevé hebdomadaire ou mensuel, téléchargeable depuis votre espace chauffeur, qui détaille les courses, les montants encaissés par le client, les commissions retenues et le net qui vous revient.

Ce que ça implique pour vous

Le mandat de facturation simplifie votre quotidien, mais il ne vous dispense pas de vos obligations. Trois points de vigilance :

  • Conservez vos relevés. Ils constituent votre comptabilité pour la partie plateforme. En cas de contrôle URSSAF ou fiscal, ce sont ces documents qui font foi. Téléchargez-les régulièrement, ne comptez pas sur la disponibilité éternelle de votre historique en ligne.
  • Vérifiez les montants. Le mandat vous délègue la facturation, pas le contrôle. Vous restez responsable de l’exactitude de ce qui est facturé en votre nom. Recoupez vos relevés avec les sommes effectivement versées.
  • La facturation ne vaut pas déclaration. Le fait que la plateforme édite la facture ne déclare rien à votre place. La déclaration URSSAF, c’est vous, et nous y revenons plus bas.

La commission des plateformes : combien il vous reste vraiment

C’est le point qui surprend le plus les nouveaux chauffeurs. Le montant payé par le passager n’est pas celui que vous touchez. La plateforme prélève une commission (Uber parle plutôt de « frais de service ») directement sur le prix de la course.

En 2026, les ordres de grandeur réels sont les suivants :

  • Uber : environ 25 % par course. Sur une course facturée 20 € au client, il vous reste environ 15 €.
  • Bolt : autour de 19 %.
  • Heetch : généralement entre 15 % et 18 % en moyenne, avec des variations selon les créneaux et les opérations.

Méfiez-vous des fourchettes farfelues que l’on lit parfois en ligne. La commission tourne autour d’un quart du prix de la course chez le leader du marché, pas davantage en usage standard. Pour comparer les modèles plateforme par plateforme, nous avons détaillé chaque grille dans notre comparatif des plateformes VTC 2026.

L’erreur à 1 000 € : déclarer le mauvais chiffre d’affaires à l’URSSAF

On déclare le brut, pas le net

Voici le piège classique, et le plus coûteux. À l’URSSAF, vous déclarez votre chiffre d’affaires brut, c’est-à-dire le montant total payé par les clients, avant déduction des commissions de plateforme.

Prenons un exemple concret. Sur un mois, les passagers vous ont réglé 5 000 € de courses via les applications. Les plateformes ont retenu 1 250 € de commissions. Vous avez donc reçu 3 750 € sur votre compte.

Le montant à déclarer à l’URSSAF est 5 000 €, et non 3 750 €.

Pourquoi ? Parce qu’en micro-entreprise, le chiffre d’affaires correspond à l’ensemble des sommes encaissées au titre de votre activité, sans aucune déduction de charges. La commission de la plateforme est une charge professionnelle : elle ne se déduit pas du CA, exactement comme votre essence, votre assurance ou votre véhicule. C’est la logique même du régime micro, qui applique un abattement forfaitaire en contrepartie de l’impossibilité de déduire ses frais réels.

Déclarer le net (3 750 €) vous expose à un redressement, avec rappel de cotisations et majorations. Uber a longtemps entretenu une certaine confusion sur ce point auprès de ses chauffeurs : ne vous fiez qu’à la règle fiscale, qui est claire.

Le plafond micro reste calculé sur le brut

Conséquence directe : le plafond du régime micro-entreprise se mesure aussi sur ce CA brut. Pour 2026, le seuil de chiffre d’affaires pour une prestation de services s’établit à 83 600 €. C’est le total facturé aux clients qui compte pour ce plafond, commissions incluses.

La TVA du VTC : franchise en base, puis 10 %

Tant que vous êtes en franchise en base

Au démarrage, la plupart des chauffeurs VTC bénéficient de la franchise en base de TVA. Vous ne facturez pas de TVA, vous ne la récupérez pas sur vos achats, et vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Pour le transport de personnes, les seuils de franchise en base 2026 sont de 37 500 € (seuil de base) et 41 250 € (seuil majoré). Attention : ces seuils TVA sont bien plus bas que le plafond micro de 83 600 €. Un chauffeur VTC actif les atteint souvent avant de toucher au plafond du régime micro.

Dès que vous devenez assujetti

Si vous franchissez 41 250 € de chiffre d’affaires en cours d’année, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Vous devez alors facturer la TVA et la reverser.

Bonne nouvelle pour le transport de personnes : le taux applicable est le taux réduit de 10 % (article 279 du CGI), et non 20 %. Vos courses de transport relèvent de ce taux. En revanche, certaines prestations annexes (mise à disposition pure, frais spécifiques) peuvent relever d’un taux différent. Une fois assujetti, vous récupérez aussi la TVA sur vos achats professionnels, ce qui compense en partie l’obligation de la collecter.

Vos courses en direct : là, c’est vous qui facturez

C’est ici que tout change. Dès que vous prenez un client hors plateforme (réservation directe, client fidèle, partenariat avec un hôtel), il n’y a plus de mandat de facturation pour vous couvrir. Vous redevenez pleinement responsable de votre documentation commerciale.

Le bon de réservation est obligatoire

Pour toute course en direct, la réglementation VTC impose un bon de réservation préalable. Depuis l’arrêté du 6 août 2025, ce document doit comporter des mentions précises : identité du chauffeur et de l’exploitant, numéro d’inscription au registre VTC, date et heure de prise en charge, lieu de départ et de destination, prix ou mode de calcul. Ce bon doit être établi avant la course et présentable en cas de contrôle.

Nous avons détaillé l’ensemble de ces mentions dans notre guide du bon de réservation VTC 2026. C’est un point de conformité que les contrôleurs vérifient, et l’absence de bon valable expose à une amende.

La facture suit le même soin

Une fois la course réalisée, vous établissez la facture, avec ses mentions légales : vos coordonnées et SIRET, l’identité du client, la date, le détail de la prestation, les montants HT, TVA (le cas échéant) et TTC, et votre numéro de facture séquentiel. C’est sur cette partie de votre activité que se prépare aussi la facturation électronique B2B, qui deviendra obligatoire en 2027 pour vos clients professionnels.

Développer cette clientèle directe, c’est précisément la voie pour réduire votre dépendance aux 25 % de commission. Nous y consacrons un guide complet : développer sa clientèle privée en VTC.

Vos courses en direct méritent des documents pros. DrivePal génère vos bons de réservation conformes à l’arrêté du 6 août 2025 et vos factures en quelques secondes, sans tableur ni modèle Word. Créer un bon de commande VTC gratuit.

Récapitulatif des charges en micro-entreprise

Pour boucler le tableau, voici ce qui pèse réellement sur votre chiffre d’affaires brut en 2026, en micro-entreprise :

  • Cotisations sociales URSSAF : 21,2 % du CA encaissé. Le VTC est une activité commerciale (BIC, prestations de services), ne confondez pas avec le taux de 26,1 % qui s’applique aux professions libérales (BNC). Si vous bénéficiez de l’ACRE la première année, ce taux est réduit de moitié environ.
  • Impôt sur le revenu. En micro, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 50 % sur votre CA (prestations de services BIC) avant imposition, ou vous optez pour le versement libératoire si vous y êtes éligible.
  • Commission plateforme (environ 25 % chez Uber), qui réduit votre encaissement réel mais ne réduit ni le CA déclaré ni vos cotisations.

La conclusion est mécanique : sur les plateformes, entre commission et cotisations, une part importante du prix payé par le client ne vous revient pas. D’où l’intérêt de structurer une activité en direct, mieux margée et que vous maîtrisez de bout en bout. Pour piloter l’ensemble (bons, factures, suivi du CA), une application VTC gratuite dédiée vous fait gagner un temps précieux, et toutes les fonctionnalités sont pensées pour ce double quotidien plateforme et direct.

Sources